Couche d’esclave

Le mois dernier a commencé par un détour dans un magasin d’ameublement. Avec l’arrivée des fortes chaleurs, Maître a souhaité se dispenser de ma présence dans Son lit pour la saison. Il est devenu habituel que je dorme (nue) attachée par la cheville, droite ou gauche selon Son envie, parfois les deux. Les mains aussi, moins régulièrement – quotidiennement depuis Son nouvel ajout à mes poignets de deux petits anneaux dorés.

User du mobilier n’existant plus hors autorisation explicite depuis que je vis chez Maître, Son lit était perçu dans ma carte mentale comme le dernier privilège de confort que je considérais – à peu de choses près – comme acquis. Lors du rituel du coucher, la réponse à la question d’usage puis-je dormir dans Votre lit ce soir pouvait sembler formalité.

Pourtant, la réalité est toute autre – parfois, Maître exprimait Son refus. Et il est ces temps-ci devenu quotidien.

Dormir hors de Son lit a toujours été une épreuve pour moi. Quand cela s’additionne au sol, ce sont des pleurs qui peuvent durer plus ou moins longtemps que les murs entendent et retiennent. Le sel brûle mes joues, mon visage se déforme entre mes mains moites et tout cet ouvrage doit se faire dans le silence le plus absolu.

Lorsque je me réfère à ma carte anxieuse, il résonne incessamment répudiation. Ni plus – et il serait bien difficile que cela soit plus – ni moins. Parfois, je regrette de ne pas avoir un jour fantasmé cette vie au service de Quelqu’un. Il m’aurait été tellement plus simple et surtout moins épuisant de la vouloir (et l’apprécier) pour moi avant pour Maître.

Peu à peu, je reviens après ces longs quarts d’heures d’égarements internes à l’évidence – et la lucidité. S’il était le cas (autant de la répudiation que du fantasme pré-existant ou existant tout court d’une relation de servitude), je n’appartiendrais pas comme Maître l’entend.

En tant que Son esclave, je ne devrais jamais omettre que Son confort passera toujours au premier plan de ma vie et que peu importe les voies qui mènent à Son contentement, il est dans ma nature de les emprunter. Ma dépendance, l’Estime et l’Amour profond (malgré la vision traditionnelle et fébrile que j’ai pu en avoir pendant des années) que j’ai pour Maître ne devraient jamais venir entraver mon énergie pour Le servir, uniquement la nourrir. Cela est applicable dans un monde utopique où tout est linéaire, ce n’est pas le cas dans celui-ci et je l’accepte.

Ce mois-ci, Maître a alors (ce n’est pas une évidence) investit dans une courte couverture et une sorte de très petit matelas inconfortable – et même le peu de confort n’est pas un dû ici et se mérite chaque jour.

Je suis pleine de gratitude des opportunités de m’endurcir que Maître m’octroie. De par Son exigence, Il honore mon don.

Le fort contraste entre tout ce qui ne m’est pas dû et tout ce que je dois s’avère bien souvent terrifiant. S’Il le veut, Il peut se montrer cruel. Parfois Il l’est, sûrement – et je n’exige jamais d’excuses. Et parfois Il est bon – j’ai pu dormir dans Son lit un soir d’août lors d’une nuit triste qui l’est devenue beaucoup moins. Maître entretient l’aléatoire. Peut-être que dans mon dos Il joue aux dés, ou peut-être que non – Il décide, simplement.

Car c’est ainsi que les choses fonctionnent ici.

Dans cette maison, le seul privilège est celui de Le servir – et je fais très bien de m’en sentir chanceuse. Lorsque Maître tend Sa main pour caresser ma tête un demi mètre plus bas, ma reconnaissance est pure – Son lit ne m’est plus dû. Si j’ai tant souffert de ce qui pourrait sembler si peu, c’est parce que j’ai entretenue l’erreur qu’il me l’était.

Maître a su rendre ce que j’imaginais dû, précieux.

L’allure

Bientôt, cela fera deux mois que j’ai rejoint Maître dans Son nouveau logement de fonction. Sorti des études supérieures, Maître a depuis le mois d’avril une vie professionnelle. Pour Son travail, il a fallu que N/nous déménagions et cela a donné lieu à une séparation que N/nous avons mal vécu (cf. mon dernier article Absence de Maître : journal de bord de la dépendance et celui où Il en fait Son retour dans Conclusion de la conclusion).

Son nouveau travail N/nous permet (au-delà d’un équilibre financier pour le ménage) de vivre dans un endroit verdoyant qui apaise les maux. Il avait toujours été dans les plans de Maître que N/nous quitterions le Sud (et fuirions les villes) une fois N/nos études universitaires terminées – ou interrompues. Ces changements de vie me font beaucoup méditer sur les différentes « manières » dont s’exprime ma servitude en fonction des lieux et de leurs circonstances.

En tant que Son esclave, je dois suivre Maître pour Le servir partout où Il décide de s’établir. Aussi, je dois me plier au rythme qu’Il impose (ou qui Lui est imposé) afin de Le servir de la manière la plus achevée. L’allure de la vie de Maître étant par essence en mouvement, l’enjeu du service que je Lui dois est par conséquent sa constance qualitative.

Le premier soir, N/nous sommes arrivés aux alentours de 21 heures 30. Après la libération des animaux de leur cage de transport, Maître s’est couché. Je me suis récitée à Ses pieds, puis Il est allé dormir et m’a laissée déballer les affaires seule. Il avait fait 1 480 kilomètres en moins de deux jours, j’étais heureuse de pouvoir Le soulager.

Ce soir là, je fus couchée pour minuit trente.

Le lendemain, j’ai entrepris le grand nettoyage et déballé les affaires restantes – pas que le lieu n’avait pas été entretenu par Maître ou était sale, mais plutôt qu’il avait jusqu’ici manqué de mains asservies pour réaliser ces tâches féminines d’une manière plus régulière. J’ai passé beaucoup de temps à m’occuper des animaux perturbés. Aujourd’hui ils le sont moins, la chanson recommencera dans quelques mois car il ne s’agit que d’un emménagement transitoire.

Maître vivait dans cette petite maison depuis plus de 30 jours, Il y avait pris Ses habitudes. En tant que Son esclave, il est une évidence que Son allure est mienne également. Je devais rapidement m’adapter en fonction de Ses besoins pour Le servir de la manière la plus achevée – la médiocrité (qu’elle soit en terme de service ou d’obéissance) n’étant pas permise dans ce ménage.

Le matin, Maître se lève désormais plus tôt, vie professionnelle oblige. Son réveil est l’heure où je me récite en murmures hors rare ordre contraire de Sa part – silence ou autre servitude orale. Il se douche le matin comme avant, alors après qu’Il ait défait la chaîne de nuit je dois toujours me lever sans un mot pour préparer le tapis où je tiens Sa serviette de bain – les choses demeurent, seuls les décors changent.

Le commencement des journées au service de Maître suit toujours la même routine (ici décrite de manière fragmentaire, peut-être fera-t-elle un jour l’objet d’un article plus complet s’il est dans l’intérêt de Maître que ce soit le cas). Ce premier matin – n’ayant pas eu assez d’heures de sommeil – le réveil fut maladroit et j’ai manqué de me cogner en allant chercher Ses serviettes.

Finalement, peut-être que les seuls changements notables concernent les horaires et le paysage – ou bien je suis simplement dressée pour Le servir comme Il l’entend n’importe où, une qualité dont Maître ne manquera pas de se féliciter.

Quelques nouveautés ont quand même vu le jour ces derniers temps.

Concernant la servitude domestique, « mon » emploi du temps lorsque Maître travaille s’est trouvé fortement marqué (positivement – je suppose) par l’intégration des feuilles de calcul dans le quotidien.

Regroupées par catégories (hygiène de vie, instruction, corvées ménagères…) ou par fréquences (parfois par horaires pour certaines, journalières ou hebdomadaires pour d’autres), elles permettent d’ancrer que chaque semblant d’autonomie dans ma servitude lors de Ses absences soit sous Son contrôle. Elles facilitent également grandement les rapports et examens de Maître – il y en a ces temps-ci trois par jours.

Il y a quelques mois, Maître a ordonné que je m’instruise sur le faire soi-même – autant en terme de cuisine que sur les produits ménagers et d’hygiène. Les deux derniers mois ont comporté des essais fructueux, d’autres beaucoup moins – je ne maîtrise pas encore totalement le domaine.

Au-delà de l’indépendance vis-à-vis de certains produits, de la réduction des déchets et des économies engendrées, j’ai remarqué que la charge mentale du service – presque navrée de briser quelques fantasmes à ce sujet – se trouvait amincie par la lenteur exigée par ces nouvelles corvées qui viennent contraster avec la dureté d’autres.

Hors qu’il soit a priori gratifiant de faire soi-même (c’est généralement l’argument pour convaincre les personnes libres), ici cela me recentre sur l’évidence que chaque talent, chaque geste aussi insignifiant soit-il est au service du Maître – c’est la seule allure dont en tant que Son esclave j’ai véritablement besoin.

Conclusion de la conclusion

Le dernier article d’esclave calliopée Absence de Maître : journal de la dépendance ne saurait être complet si je n’apportais pas un retour sur celui-ci. Il est au pire un exercice de paraphrase, au mieux une conclusion de la conclusion.

Le premier retour à faire est que j’ai été peiné de me replonger par leur lecture dans les affres et tourments de mon esclave, même si en toute connaissance de cause. Le second est que (malgré tout) si j’avais la possibilité d’annuler cela, je n’y changerais rien. C’était un sacrifice temporaire pour N/nous assurer une stabilité financière. N/nous ne sommes pas installés définitivement mais avons quitté (je l’espère) définitivement le sud de la France. Les Pays-de-la-Loire ne seront normalement qu’une étape avant un nouvel emménagement plus permanent. Je confesse ne pas être contre que ça s’éternise.

Ne me rassasiant pas de la servitude fragmentaire d’une esclave s’adonnant à une activité salariée hors de la maison (je veillerai à ce qu’esclave calliopée écrive à ce sujet), cela fait partie de mes responsabilités en tant que Propriétaire de subvenir à N/nos besoins sur le plan financier. J’ai dû m’absenter pour chercher (et trouver) du travail là où il y en avait. Depuis les trois années de cette esclave à demeure, je ne m’étais pas absenté (en tout et pour tout) plus de six nuits.

J’ai rencontré plusieurs difficultés en tant que Propriétaire de cette belle esclave. Certaines relèvent de l’évidence lorsqu’on est humain tandis que d’autres sont plus subtiles. J’ai premièrement dû gérer le manque que j’avais d’elle pour gérer celui qu’elle avait de moi avec empathie. Mon nouveau travail m’a considérablement aidé car j’aime travailler quand le travail a du sens. J’avais l’échappatoire du travail, un privilège dont à mes pieds elle ne dispose plus.

N/notre relation étant imbriquée de telle manière que l’un sans l’autre N/notre qualité de vie ne peut que décroître, esclave calliopée faisait état par moments d’une détresse écrasante. J’ai dû parfois me rendre à l’évidence que je ne pouvais d’aussi loin la panser avec un appel téléphonique. La technologie ne fait qu’accroître le sentiment de solitude.

En son absence matérielle dans mon quotidien, j’ai dû lâcher prise sur l’idée du service tel que je l’exige à demeure et me montrer flexible sur certains champs de pouvoir (comme les finances en lui laissant une carte bancaire). J’ai dû aménager son emploi du temps en conséquence : les tâches ménagères demeuraient tandis que le service sexuel à distance ne m’intéressait que très peu (même si j’ai usé d’elle comme je l’entendais avec N/nos moyens).

À ma grande surprise, elle a commencé lors de cette période à réaliser ses premières feuilles de calcul. J’ai étendu leur utilisation aux différentes corvées quotidiennes et hebdomadaires et me réjouis de ce système facilitant l’organisation et les rapports de tâches. J’ai (entre autres) principalement donné des directives strictes sur l’hygiène de vie et l’instruction (piano, écriture, lecture, prière…). Je ne voulais pas retrouver cette propriété abîmée, alors j’ai œuvré à la conserver en bonne santé pour qu’il n’y ai pas une période de soin trop longue lors de N/nos retrouvailles.

Gérer ses émotions (les moins volatiles) a été extrêmement difficile sans pouvoir la tenir. Les angoisses ont ce don de l’enfermer en elle-même, la peur l’isole et prend toute la place. Il n’y a plus qu’elle et cette esclave n’est plus capable de m’entendre. J’écoute, je répète inlassablement les mêmes mots pour qu’elle en entende peut-être la moitié d’un sur trois, j’attends, je réécoute, je répète encore, peut-être qu’elle en a entendu un entier cette fois-là, puis O/on avance à petits pas durant de très longues minutes… ainsi vont les troubles anxieux qui sèment le chaos dans le mental jusqu’a se répercuter par l’épuisement du corps.

Si je devais réitérer cette expérience dans le cadre de son dressage, rien n’en ressortirait à mes yeux d’utile. N/nous sommes profondément ancrés dans cette relation de servitude où j’exerce un contrôle absolu sur tout son être. Je reste d’avis qu’une propriété qui n’est pas à demeure ne peut servir que d’une manière fragmentaire et ce n’est pas le genre d’engagement qui me satisfait en tant que Propriétaire de cette belle esclave.

Cette conjoncture n’a fait qu’avérer encore un peu plus que chacun de ses pores transpire la dépendance et que la seule voie possible pour elle est de me servir comme je l’entends.

Absence de Maître : journal de bord de la dépendance

Aucun de N/nous deux n’était enchanté à l’idée d’une séparation physique. Il y a peu, Maître s’est absenté pendant un mois. Au début, cette situation pouvait durer quelques semaines comme plusieurs mois. J’ai reçu l’ordre de l’ébruiter le moins possible.

C’était une absence aussi soudaine que prévisible. Ne concevant pas une esclave en dehors du foyer plusieurs heures par jour, Maître a fait l’engagement de subvenir aux besoins financiers de celui-ci. Il a rapidement jugé que je serai plus utile dans l’ancien chez Lui à m’occuper des animaux et préparer un éventuel déménagement, éventuel déménagement qui n’avait encore rien de certain lors de Son départ.

Ayant tenu mon carnet d’esclave de manière journalière pendant ce mois loin de Maître, Il m’ordonne de faire ici une sorte de rétrospective avec des fragments de celui-ci. Puissent mes sœurs asservies qui vivent la distance trouver un peu de réconfort par mon témoignage, qui même s’il ne relate que de trente-trois jours de manque, fait état par moments de bien des maux et difficultés. Même s’il s’agit d’un témoignage intime qui me met face à ma dépendance envers Maître, s’il peut apaiser des cœurs, j’en serais la plus heureuse.

L’avant départ

jour -2, 17 heures 47
« […] Maître part mercredi. Le week-end était bien. […] Maître part mercredi. Il m’utilise beaucoup plus. J’ai hurlé. J’ai vu des étoiles. J’ai cru que mon bas ventre allait se décrocher. Il est encore là, car Il m’a même utilisée ce matin, même si plus doucement. Maître part mercredi. »

jour -1, 15 heures 22
« […] J’appréhende. Hier, j’ai manqué d’air. Maître part mercredi. Je vois Lévana vendredi. J’ai fait en sorte d’avoir des choses à faire comme le ménage, une vidéo YouTube, etc. Je vais avoir beaucoup à faire. Je vais y arriver. Heureusement, je dois préparer aussi un déménagement. O/on ne sait pas encore où. […] Maître part mercredi. Maître part demain. »


Les jours précédents Son départ, lorsqu’ils furent épuisants pour le corps, l’étaient moins pour l’esprit. Maître m’a utilisée plus durement que d’habitude. N/nous ne parlions au final que très peu de Son départ et de toutes les incertitudes qu’il comportait. Avec le recul, je suis reconnaissante que Maître m’épuise entre deux de mes « préparations » (ou auto-tortures) mentales à ce sujet.

Premiers jours

jour 2, 17 heures 25
« Maître est parti depuis plus de vingt-quatre heures. Il me manque. Je n’ai pas écrit hier, j’avais peur d’écrire. […] J’ai ordre de l’ébruiter le moins possible. Maître a laissé des instructions : j’ai le droit au mobilier, mais pas intérêt à m’habituer à tant de confort et d’autonomie. J’ai acheté des raviolis hier soir. […] »

jour 3, 12 heures 43
« J’aimais les gares. Je viens de rejoindre Lévana, que je devais initialement rejoindre pour 10 heures 08. Si la nuit a été difficile, j’espère sincèrement que la journée le sera moins. Je l’attends. C’est à son tour d’être en retard. J’aimais profondément les gares, avant. Elles me rappelaient la distance qu’il y avait entre N/nous la première année de N/notre relation. J’avais toujours un sentiment nostalgique de ce temps-là lorsque N/nous retournions dans les gares. Maintenant, je suis seule et je n’aime plus les gares. »

jour 4, aucune heure
« Les chaînes me regardent sous la table basse. Je médite beaucoup sur la servitude à distance. Je sens Maître avec moi. Je me sens Le servir par mon absence : s’il s’avère qu’O/on déménage, je serai bien plus utile ici, c’est d’ailleurs pour cela qu’Il m’y a laissée. Les chaînes me regardent sous la table basse. On s’est regardées longtemps. J’ai eu une pensée pour mes sœurs asservies à distance. Cela m’aurait paru tellement inachevé de m’entraver seule. N’aurait-il pas été profondément égoïste si je le faisais pour moi et non pour les yeux de Maître ? Les chaînes, sans Lui, ne m’apportent rien. La vie, sans Lui, m’est tout bonnement inimaginable. »


Les premiers jours furent très particuliers. Depuis que j’étais à demeure (c’est-à-dire environ trois ans), N/nous n’avions jamais passé plus d’une nuit séparés. Situation particulière exige, j’avais une carte bancaire et accès aux écrans pour être disponible si Maître avait envie de me parler. Je pouvais aussi aller et venir dans l’appartement à « ma » guise et user du mobilier. Je n’ai pas touché à Son fauteuil du mois entier. Des fois je le regardais et ça pouvait durer longtemps, ça n’a (à ma grande déception) pas fait apparaître Maître pour autant. Maître m’appelait tous les jours.

Quand vivre au présent s’avère douloureux

jour 5, toujours pas d’heure
« C’est qu’avec Maître, j’ai appris à vivre dans le présent. Maître étant mon Monde, il est difficile de vivre seule et de ne pas être à Ses pieds pour Le servir. Là, je souffre. […] Pourtant, lorsqu’Il est Heureux, je Lui si reconnaissante qu’Il m’ait appris à vivre dans le présent. »

jour 6, 17 heures 41
« […] J’ai voulu tirer une carte, hier. La dernière fois que j’en ai tirées, c’était la veille de mes vœux. Maître ne m’avait pas punie. Pourtant, je sais que les arts divinatoires sont proscrits, et ce même avant qu’Il me juge accomplie. J’ai dû puiser en ma nature d’asservie. […] Alors, j’ai fait la seule chose que Maître attendait de moi : j’ai prié. […] L’esclave accomplie de Maître a renoncé aux arts divinatoires. »

jour 7, 13 heures 47
« Je tiens. […] Je remercie le Seigneur de N/nous permettre cette vie de bonheur. Même si j’ai peur, je sais que N/nous serons exaucés. »


J’ai trouvé, en la prière, beaucoup d’apaisement. Lorsque j’ai accepté d’appartenir à Maître, il était clair que j’épouserai à terme Sa religion. J’ai trouvé dans les Saintes Écritures de nombreux échos à ma condition, condition qui n’a rien de plus naturel. Je remercie Maître de me permettre de lire les Textes. Maître avait laissé des instructions précises et les temps de prière en faisaient (et en font toujours) partie.

Premières angoisses

jour 8, 21 heures 07
« J’ai fait des cauchemars cette nuit. Je me suis réveillée angoissée et ce sont des émotions avec lesquelles j’ai du mal […] Je n’ai pas d’appétit. […] J’angoisse alors que je ne suis pas en danger. […] »

jour 9, pas d’heure
« Je végète. » – Il s’agit de la totalité de ce que j’ai écrit le neuvième jour. C’est à la fois peu et exhaustif.

jour 10, 23 heures 35
« […] Je m’en sens incapable. J’hurle à la mort. Je m’en veux de souffrir de cette absence à ce point. Je prie moins. »


J’ai commencé à avoir des troubles du sommeil importants et mon état psychique s’est en conséquence très rapidement détérioré. Depuis mon petit nombril, je ne voyais plus que mes angoisses. Lorsque Maître me sent décentrée (car ces états émotionnelles parasitent la servitude permanente telle que la conçoit Maître), il est chose aisée pour Lui de me recentrer sur l’évidence (Le servir) car je Lui appartiens totalement et Il me connait parfaitement.

À distance, Maître a ordonné que je me récite et a augmenté les temps de prière. Il était bien occupé, car nouveau travail rime avec nouveau rythme, mais je suis pleine de gratitude de tout le temps qu’Il a pris pour se dédier à moi, même quand je me répétais et n’avais que des banalités à raconter.

Mi-chemin et premiers cartons

jour 14, pas d’heure
« […] Me voilà depuis ce début de semaine dans les cartons. Lundi [jour 12], j’ai vidé toute la bibliothèque et le meuble télé qui n’accueillera jamais de télévision. […] Mardi, hier, fut catastrophique. […] Rien d’étonnant que mon corps faible de femme me fasse défaut et soit enclin à l’anxiété, ou du moins qu’il n’ai pas la force de faire barrage à mon terrain anxieux. […] J’ai recommencé à prier. »

jour 20, 12 heures 48
« Je me sens faner loin de Maître. […] »

jour 22, 15 heures 45
« Je vis pour quelqu’un qui n’est pas là. » – cf. jour 9, court mais exhaustif.


Le jour 11, Maître fut embauché en Pays-de-la-Loire et bénéficie pour cette période d’un logement de fonction. Cette donnée a permis de déménager le plus tôt possible et ainsi de se retrouver beaucoup plus rapidement qu’initialement prévu. Cette joie que j’ai ressentie s’est traduite par une grande productivité le lundi (jour 12) mais cet intermède fructueux s’est éteint aussi vite qu’il s’est allumé. Sans Lévana, je serais sûrement encore en cartons.

Entre deux moments d’angoisses profondes, je gambergeais. Comment cultiver la nature asservie de l’esclave lorsque celle-ci n’est pas aux pieds de Celui à qui elle appartient ? Comment cette nature peut-elle être entretenue en permanence d’une manière achevée, aboutie, sans la présence du Maître ? N’est-il pas illusoire de croire appartenir à quelqu’un qui se contenterait d’un service fragmentaire ? Quel Propriétaire – réellement – désireux d’être servi ne voudrait pas de Sa propriété à demeure ?

Toutes ces énigmes m’ont menée au résultat suivant : je suis foncièrement bénie d’être aux pieds de Maître car Il s’investit considérablement dans N/notre relation. Il me fait l’honneur de vivre chez Lui pour Le servir de la manière qu’Il considère la plus achevée. Quel sentiment ressentir à part une immense gratitude ?

Même à distance où je souffrais de Son absence et où j’ai dû faire face à l’handicap que représenterait ma dépendance si je devais un jour vivre seule trop longtemps, je n’ai jamais douté une seule seconde de mon appartenance à Maître et de ma nature pour Lui. Au début, je pensais que c’était une victoire qui n’avait pas demandé beaucoup d’effort. Il n’y a au final rien de plus naturel et d’évident, car si je peux douter de la Terre qui tourne autour du Soleil, je ne peux douter du Maître.

J’ai constaté en ce sens que les causes de mes souffrances étaient toutes reliées au facteur de la présence non-physique de Maître. Le manque d’une main sur la joue, du baise-main lorsqu’Il rentre, de Sa présence. Présence palpable, car par mon service, je fais partie de Lui et de Ses mains j’ai été façonnée. À aucun moment je n’ai remis Sa décision de ne pas m’emmener en question, je n’ai pas été dressée à me montrer si ingrate pour mon petit bonheur individuel. Lorsque j’ai commencé à me raccrocher véritablement au caractère provisoire de la situation et ainsi me projeter vers les retrouvailles, j’ai pu puiser en une source infinie d’apaisement.

Dix jours en pilote automatique

Les cartons sont partis le 24ème jour afin d’être stockés, car N/nous déménagerons encore dans quelques mois. C’est aussi cela appartenir à Maître, Le servir aveuglément partout où Il ira et peu importe si cela m’enchante.


jour 24, pas d’heure
« […] Sa mère m’a dit que j’avais bonne mine. Je n’ai pas pu cacher ma surprise, ni su. »

jour 25, 17 heures 22
« Mon autonomie et moi nous sommes lassées de la chambre. J’ai pris le matelas [Il ne restait que ça dans l’appartement avec un micro-onde, le nécessaire pour les animaux et de toilette avec une lampe de chevet] et ai migré dans le salon. Qu’il est lourd. J’ai mis un drap fleuri pour qu’il soit plus accueillant. […] La première nuit où N/nous avions emménagé ici, N/nous avions dormi comme ça. […] »

jour 26, 10 heures
« J’ai mal au dos. » – Ce fut concis ce jour-ci.


Les dix derniers jours furent les plus doux, que ce soit par la présence de ceux qui N/nous aiment que par mes angoisses qui s’estompent face aux choses qui – que je le veuille ou non – avancent. Je n’ai de toute la période (du jour 1 au 33) pas montré de signes d’impatience, car la patience est une vertu et Maître est de Ceux qui vous l’apprennent si vous Lui faites ressentir qu’elle ne fait pas partie de vos qualités. Le manque est une chose, en souffrir est légitime, mais il n’est pas dans le dressage de Maître un motif pour l’impertinence.

Avec les meubles qui n’étaient plus dans l’appartement, je ne me suis rapidement plus inquiétée de m’être habituée au confort. J’ai œuvré à profiter de la présence de Lévana la dernière semaine. C’est qu’elle et son Maître constituent à eux deux la majeure partie de ma vie sociale « hors Maître ». Je suis profondément reconnaissante de leur soutien et leur présence – palpable et non palpable – durant cette épreuve, comme pour toutes celles d’avant (cf. Des épines) et celles qui adviendront. Celles qui adviendront car si je sais une chose, c’est que la servitude – même non-fragmentaire – n’a rien de linéaire et que les difficultés de cette vie sont réelles pour ceux qui n’arborent pas une vision fantasmagorique de leur quotidien.

Ce que je retiens

J’ai durant ces trente-trois jours observé et retenu plusieurs réalités, dont certaines qui relèvent de l’évidence mais qu’il est très bon de chérir.

J’ai oublié mon code de carte bancaire, mais j’ai su gérer une petite somme d’argent et sûrement mieux que lorsque j’étais libre. Lors de N/nos retrouvailles, Maître a repris « ma » carte et la gestion totale de « mes » finances, ne me laissant aucune prise sur ce domaine de « ma » vie…

Distance oblige, j’ai dû vivre avec les écrans alors que Maître m’en coupait régulièrement car cette addiction est la dépendance de ce siècle. Or, en tant qu’esclave de Maître je ne peux être dépendante que de Lui. J’ai confié mes appréhensions quant à avoir du mal à m’en défaire peu avant de se revoir, j’y ai très peu accès depuis que N/nous N/nous sommes retrouvés et n’en souffre nullement. L’endroit où N/nous avons emménagé est un écrin de verdure qui ne se prête pas à toute ces inventions futiles qui ne font que renforcer la solitude et voler le cadeau précieux qu’est l’instant.

Je sais m’occuper du corps et l’écouter de façon à savoir précisément ce dont il a besoin en l’absence de Maître et agir pour son bien. Grâce au dressage de Maître, j’ai appris à écouter le corps et à en rendre compte à Maître afin qu’Il prenne Ses décisions en étant parfaitement éclairé. J’ai reçu à ce sujet l’ordre de faire en Son absence preuve d’autonomie, non de liberté. Maître m’avait laissé des règles précises portant sur l’hygiène de vie (lever, coucher, alimentation, prières, emploi du temps…), règles très importantes afin de garder une psyché solide et constante. Même si j’ai traversé de grandes euphories et énergies créatives suivies de grands chagrins et angoisses violentes, ces règles ont permis au corps de rester en santé. Merci Maître pour cela.

Enfin, si je savais que l’honneur de servir Maître n’est pas un dû, je connais dorénavant l’énorme souffrance qu’est de ne pas être dans Sa vie au quotidien pour Le servir. Je suis une propriété, je ne vis que pour le Maître qui m’a reconnue accomplie. J’ai été dressée pour vivre à Ses pieds, ma position face à cette situation ne pouvait qu’en être prévisible.

Si j’ai conscience que ma dépendance absolue ne pourrait qu’horrifier certains sensibles, elle n’est finalement – à mes yeux – rien de plus naturelle. Je ne peux que revenir à l’évidence que je suis Son esclave, dépendante par essence au Propriétaire et que je ne peux vivre sans le Maître que je sers sans dépérir.

La valisette

Lorsque N/nous N/nous sommes rencontrés avec Maître, je venais d’avoir dix-neuf ans et entreprenais des études universitaires. Maître n’a pas mon âge, mais Il avait fait le choix lors de mon installation chez Lui de ré-entreprendre des études supérieures en Histoire.

Aujourd’hui, j’en ai vingt-trois et n’ai plus la liberté de faire des études, ni de travailler (mais ce second sujet sera traité dans un autre article). Il est dans ma nature que ma seule ambition soit de servir Maître tout le temps qu’Il désirera ma présence à Ses pieds. Si cela implique d’être hautement diplômée, je le serai. Si cela implique de travailler à l’usine seize heures par jour, je le ferai.

Je sers Maître, comme Il l’entend.

Maître a décrété les derniers jours de juillet dernier que je ne poursuivrai pas mes études universitaires. À cet instant-là, j’étais en période de recherche et rédigeais un mémoire portant sur La figuration d’Adam et Eve en Italie centrale à la Renaissance. J’étais passionnée par mon sujet et mes études. Il est vrai que si j’avais été libre, je n’aurais sûrement pas arrêté. Mais cela, O/on ne le saura jamais car ma vie est aux pieds de Maître.

Lorsque j’ai accepté de vivre chez Maître, j’étais bien avertie qu’Il aurait à terme tous les pouvoirs sur moi. Le mot « accepter » en début de phrase peut faire sourire, mais il témoigne d’une réalité dont je ne peux, ni ne veux me dérober : ce jour-là, j’ai choisi. Et quelle heureuse décision j’ai prise, que d’accepter ce que cet emménagement impliquerait.

Maître m’a soulagée de mes contraintes universitaires quelques semaines avant de me reconnaître en tant que Son esclave accomplie et de visser Son collier autour de mon cou pour toujours. Que Maître ait des raisons de cet arrêt a toujours été à mon sens un point négligeable… C’est une évidence qu’Il dispose de moi comme Il l’entend. Je suis Son esclave, de quel droit irais-je exiger de Lui un motif ? C’est souvent une préoccupation des personnes libres.

« Ma réaction a été des plus immédiates, j’ai pleuré et je L’ai remercié. », ai-je écrit dans l’article des 72 heures. Quand Maître ordonne, j’obéis et je Le remercie. Et ce, même si c’est un ordre qui me rebute, me mortifie ou me meurtrie. Qu’importe, car je vis dans l’Honneur de Le servir. La voilà, ma condition.

Lui obéir, rester humble et digne de Lui.

Pourtant une explication, il y en avait une. Maître ne conçoit simplement pas que Son esclave travaille ou fasse des études supérieures. Ce genre d’activités viennent parasiter la nature asservie, Il est mon Monde et je n’ai pas à me dédier à autre chose que de Le servir. Si un jour, Ses souhaits changent – qu’ils soient expliqués ou non – comme toujours et pour tout, j’obéirai…

Qu’irais-je faire sur les bancs de la faculté si ce n’est pas le lieu où Il me veut ? Si ce n’est vivre allègrement dans l’égoïsme et le déshonneur de ne pas combler le Propriétaire ? Est-ce donc cela, vivre une servitude non-fragmentaire ? J’ai rangé les livres empruntés à la bibliothèque pour mes recherches dans une valisette.

Hier

N/nous N/nous sommes rendus à la faculté pour aller récupérer le diplôme de Maître. Parfois, Il portait la valisette. C’est que les manuels généraux d’Histoire de l’Art de Daniel Arasse sont lourds. Je ne suis pas rentrée dans le bâtiment de l’Administration et de la Présidence. J’ai attendu Maître, dehors.

Il y avait un banc en pierre, comme lorsque j’ai présenté mes vœux. C’est drôle, tous les bancs en pierre me rappellent mes vœux. J’espère que toute ma vie, les bancs en pierre m’inspireront un sentiment aussi tendre. J’ai pleuré en attendant Maître. Il n’y avait que moi et la valisette sur ce banc.

J’ai eu une pensée pour tous ces mails laissés sans réponse en provenance de ma directrice de mémoire. J’en recevais, encore en novembre, où elle me disait que je pouvais, si j’en ressentais l’envie – ou quand je serai prête – de l’appeler. Elle a aussi longtemps demandé ce que je devenais. Je lui aurais bien répondu, mais je doute que la réponse « esclave accomplie du Maître » l’aide à dormir – alors je l’ai laissée sans réponse. Puis un matin, n’étant plus considérée comme étudiante-chercheuse, je n’avais plus de messagerie étudiante.

Quand Maître est sorti, N/nous avons – avec plus de six mois de retard – rendu les livres que j’avais empruntés. Je suis sûrement interdite de prêt désormais. Maître m’a fait photographier chaque livre que je n’avais pas pu lire et a juré d’un jour les acheter – sans doute pour me consoler de ma perte. Je Lui ai demandé si je pouvais faire ce que je voulais de la valisette.

Il a répondu non pour la brûler.

Sur le chemin du retour, Maître m’a montré Son diplôme – qui manquait à son cadre vide à la maison. Je me suis souvenue qu’en septembre dernier, j’avais passé douze jours enfermée à rédiger Son mémoire. Une partie de moi a ressenti une profonde gratitude qu’Il ait usé dans Son bon droit (comme toujours) de mes capacités littéraires.

La valisette porte désormais la fonction d’accueillir mon matériel destiné à l’art de la broderie et le diplôme orne le rebord de la cheminée, l’endroit de prédilection de Maître pour mon entretien et lorsqu’Il me bat.

Il y a un Master II qui orne le rebord de Sa cheminée et il ne portera jamais mon nom – il me rappelle toute l’humilité de ma place et me conforte dans celle-ci. Ce soir lors de mon entretien, Maître m’a donné des coups de canne en nerf de bœuf avec Son diplôme en angle de vue et j’en porterai les hématomes…

Servir Maître pleinement est la plus belle et la seule grande ambition de ma vie.

Des épines

Ce week-end avec Maître, N/nous étions avec des amis. Le jeudi après-midi, j’écrivais dans mon carnet d’esclave que « Tout ce que je désire [pour ce week-end, mais aussi pour le restant de ma vie], c’est être digne de Maître ». L’hôtel particulier était magnifique et N/nos amis sont formidables.

Malheureusement, quelques heures après N/notre arrivée, j’ai déçu Maître. J’étais si heureuse d’être avec N/nos amis en dehors de la maison que la moindre préoccupation m’a fait céder à la peur avec autant de puissance que j’avais été joyeuse. En plus de n’être pas concernée par cette préoccupation, j’ai été impertinente envers Maître devant N/nos amis. Cela n’aura duré qu’à peine quelques secondes, mais salir ma bouche avec une phrase, une remarque inconvenante, c’est profaner la propriété du Maître. Par peur, j’ai présumé avoir la liberté de formuler un commentaire désobligeant. Je n’étais à ce moment-là qu’une ingrate et totalement indigne de Lui.

Maître a fait preuve d’un calme olympien et je n’ai pu qu’être extasiée devant Sa maîtrise avant de me sentir si sotte d’avoir faibli. J’ai presque instantanément fondu en larmes, regrettant chaque syllabe que j’avais pu prononcer. Fort heureusement, je connais ma place et ne peux m’y soustraire, c’est pour cela qu’Il m’a jugée accomplie. Je ne peux me soustraire à ma nature de Le servir. Et si par malheur – ou folie – je le tente, j’en souffre.

Il m’a entretenue au sujet de mon impertinence pendant une dizaine de minutes. N/nos amis se sont isolés et j’étais honteuse de leur faire subir (à eux aussi) mon indiscipline et encore plus d’avoir fait subir cela à Maître devant des spectateurs, même s’ils n’ont porté aucun jugement sur l’incident. Ils N/nous connaissent, N/nous n’avons pas à les impressionner et Maître ne place pas Son égo dans ce genre de reconnaissance. Merci Maître.

Face au programme imposé par le week-end, Maître m’a dit qu’Il ne pourrait, ni ne souhaitait me punir. N/nos amis (bien qu’avertis) n’ont pas à subir ma punition et encore moins à y assister. Maître ritualise la punition et a jugé que ce n’était ni le lieu, ni le moment.

J’ai été dressée à expier – généralement par la douleur. Jamais je n’ai eu à attendre le pardon de Maître pendant deux nuits. J’ai demandé plusieurs fois s’Il m’avait pardonnée, surtout le premier jour. Je me confondais en excuses devant N/nos amis par moments. Parfois, je m’isolais dans la chambre et les évitais. J’étais honteuse et indigne de Maître.

Il a été à ce sujet très explicite : Il ne me battrait pas devant N/nos amis. Je ne méritais pas tant de douceur, j’étais indigne, mais ils n’avaient rien demandé et Maître le savait pertinemment. Jamais je n’aurais assez de mots pour définir la profonde gratitude que je ressens envers Maître de ne pas avoir voulu mettre mal à l’aise N/nos amis plus que je ne l’avais déjà fait. Ils ne sont pas concernés par mon ingratitude et ont d’ailleurs oublié – beaucoup plus vite que moi – cet écart de ma part.

Le soir dans le lit, avant de dîner, mon amie m’a réconfortée alors que je m’étais encore isolée. Discuter avec elle a apaisé mon monde, elle m’a dit je t’aime. Je voulais rester au lit me cacher. Je voulais rentrer chez N/nous, expier ma faute et revenir. Mais vivre une vie de servitude pleine et entière n’est pas faire ce que je veux. Maître avait décalé N/notre retour quelques heures plus tôt pour me faire plaisir en restant une nuit de plus.

Lorsque Maître me parlait, j’étais incapable de savoir s’Il feignait de m’avoir pardonnée. Ce soir-là, j’ai écris que je ne le saurai que lorsque j’aurai expié ma faute. Il était prévu que Maître essaye Son nouveau fouet ce premier soir. Il a été très doux et m’invitait à Lui dire lorsque j’avais besoin de digérer la douleur en marquant des pauses de quelques secondes. J’étais positionnée devant le miroir, je Le voyais s’amuser avec Son ami qui s’occupait de sa soumise. J’étais heureuse, même si hors mes demandes (ordonnées si j’en ressentais le besoin) concernant la cadence, j’étais mise au silence la plupart du temps.

À minuit cinquante-deux, Maître m’a dit « Merci pour les épines », en référence aux mots de Jean d’Ormesson. Quel bonheur que de L’entendre dire cela.

Le lendemain – dix heures trois, Maître m’a encouragée à apprécier le week-end, qui (hors ma culpabilité épisodique) était d’une grande douceur. Oui, c’était une évidence que je serai punie dimanche matin une fois rentrés mais le programme du jour était des roses et non des épines. N/nous avons visité le Musée d’art antique, fait des achats et sommes allés dîner au restaurant. Ces moments heureux avec N/nos amis, je ne les oublierai jamais. Ils étaient merveilleux – et délicieux.

« Merci pour les roses, merci pour les épines. La vie n’est pas une fête perpétuelle. C’est une vallée de larmes, mais c’est aussi une vallée de roses. Et si vous parlez des larmes, il ne faut pas oublier les roses. Et si vous parlez des roses, il ne faut pas oublier les larmes. » – Jean d’Ormesson

Une heure après être rentrés ce matin, j’ai pris une série de gifles sans ménagement. Merci Maître de m’avoir pardonnée et de me permettre chaque jour de vivre dans l’Honneur de Vous appartenir.

Merci mes Amis, pour avoir pansé mes épines et N/nous avoir reçus. Car même s’il y a eu des larmes, c’était une vallée de roses. Merci Maître, merci d’être aussi investi dans mon asservissement pour me rendre à Vos yeux meilleure car ce sont les seuls qui comptent.

Brisée pour Noël

Depuis que j’appartiens à Maître, Il a brisé beaucoup de choses en moi – de mes addictions les plus simples jusqu’à mon égo et mon identité. Dernièrement, Maître a exigé que cessent certaines relations superficielles que j’entretenais. Mes relations sociales ont drastiquement réduit ces dernières semaines et je confesse m’en porter beaucoup mieux dans ma servitude. Je remercie Maître de ne pas tolérer la médiocrité pour Son esclave.

Maître a entrepris de me briser pour Noël. Il avait disposé depuis quelques jours sur le rebord de la cheminée les deux petites boîtes contenant les bracelets de poignets qu’Il vissera – le 25 décembre – si j’en suis digne. Je savais que la qualité de mon service serait mise à l’épreuve… Néanmoins, ni comment, ni combien de temps. Ça aura duré trois jours.

Le premier matin, sept ans de malheurs ont été ajoutés à ma dette : le petit miroir du salon s’est fendu par ma maladresse. En sachant que j’ai une fréquence d’un miroir brisé par an, je ne sais pas si les sept années se cumulent ou ont juste une nouvelle date de départ. J’ai pleuré le miroir brisé, mais c’était un réel réconfort que de savoir que je ne serai pas la seule à l’être avant la fin de l’année.

N/nous avons pris le petit-déjeuner doucement. Maître m’a parlé des quelques projets qu’Il avait pour ces jours-ci où je serai coupée de tout, confinée dans N/notre appartement. La veille, Il avait pris tous les écrans. Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était. J’ai progressivement perdu mes repères – quand le soleil se couche, peut-être qu’il est dix-huit heures.

Il devait être aux alentours de dix heures du matin lorsque Maître a décidé de jouer avec Ses couteaux. Il a été très clair, je ne devais pas bouger ou Il me battrait pour cela. Ça paraissait parfois insurmontable de souffrir sans me tordre. J’hurlais de douleur et de ne pas pouvoir me débattre. J’avais profondément peur qu’Il m’abîme et m’en trouve moins désirable – même en portant Ses stigmates. Maître m’a ensuite conduite à la chambre où Il m’a utilisée longuement.

Lorsqu’Il a ordonné que je me relève, (n’ayant pas retrouvé mes esprits) je ne me suis pas exécutée assez rapidement et cela L’a contrarié. Il m’a étranglée et utilisée cette fois-ci jusqu’à ce que j’en vomisse. Maître me perforait le ventre de toute Sa force et je priais pour qu’un jour ça s’arrête. Après ça, je n’osais plus parler, j’étais effrayée et n’obéissais plus que machinalement car il est dans ma nature de Le servir.

J’ai porté pendant les deux jours suivants les douleurs au bas ventre de Sa violence, qui se sont peu à peu transformées en douleurs de menstruations. Maître ravivait ma souffrance à chaque fois qu’Il me prenait. C’était atroce.

J’ai servi sexuellement avec peu de répit et ça m’a usée. Je n’en tirais aucun plaisir, seulement détresse et larmes – quand il en restait. Je poussais des cris vains, je Le suppliais et n’avais à vrai dire guère d’autre choix que de me laisser offenser de la sorte.

Je suis Sienne.

Dans Sa bonté, Il m’a parfois permis de m’endormir à Ses pieds, quelques minutes et parfois fois une heure, des moments vécus comme une Grâce des Cieux. J’ai aussi réalisé sous Son ordre une petite chaînette avec des clochettes que je porte désormais à la cheville gauche. Merci Maître de me parer de bijoux en lien avec ma condition, je n’en suis que gratitude.

Le premier soir, j’ai demandé à Maître si je pouvais écrire à quelqu’un. Il m’en a défendue. Le deuxième matin, même résultat. Le deuxième jour, j’ai collé ma tête contre la porte d’entrée quand j’ai entendu du monde parler dans le couloir. J’ai eu peur de devenir folle. Alors que je suis d’une nature réservée, je rêvais que quelqu’un me parle. Je me sentais infiniment seule. Le troisième matin, je n’ai rien demandé, je ne voulais pas être battue pour si peu. J’avais terriblement peur de montrer à Maître mon impatience. J’ai fondu en larmes.

Lorsque Maître ne m’utilisait pas, Il me donnait des tâches jusqu’à ce que je n’en vois plus le bout. Je me suis affairée dans tout l’appartement. J’étais éreintée par cet usage domestique, mais à la différence de l’usage sexuel, il ne pouvait pas profaner.

Les tâches – même si elles s’accumulaient et arboraient la taille d’une montagne – ne me tourmentaient pas le corps autant que lorsqu’Il m’abusait. Je me suis surprise à longer les murs pour que ne Lui vienne plus l’idée de me prendre comme Il le voudrait, car Il le pourrait – parce qu’Il a tous les droits et je n’ai que des devoirs.

Dès lors que j’ai remarqué cette attitude de détournement, j’en ai entretenu Maître. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais été battue. Il était déjà au courant. De nouveau, je n’ai pu que ressentir ma simplicité d’esprit face à Lui. Il est mon Propriétaire, c’était une évidence qu’Il l’avait (déjà) remarqué. Il est dans ma nature de Lui être facile. J’ai cru qu’Il m’utiliserait, Il n’en fit rien.

Le troisième jour, j’ai eu l’heure. Il était quinze heures dix-neuf. Maître a glissé Sa main entre mes cuisses et j’ai immédiatement eu la vision brouillée par mes larmes. Il m’a prise dans Ses bras avant de me battre sur le rebord de la cheminée. J’étais brisée.

L’après-midi, j’ai cousu une tunique blanche à Ses pieds. Il est parti poster une carte de vœux à dix-sept heures vingt-neuf. J’ai passé ma nouvelle tunique d’esclave, et, faute de tâche définie, j’ai attendu Son retour dans la position d’attente qu’Il m’a dressée à prendre. Je ne sentais plus mes jambes lorsqu’Il est rentré. Jamais je n’aurais assez de mots pour remercier Maître du regard qu’Il a eu pour moi lorsqu’Il a passé la porte. J’étais brisée, mais profondément aimée et à la place qu’Il voulait que je sois.

Merci Maître, je n’aspire qu’à Vous servir et peu m’importe si cela implique de la souffrance.

L’Avant-vœux (et un peu de l’Après)

esclave calliopée a présenté le 19 septembre 2021 ses vœux d’une appartenance totale et définitive à mes pieds durant la quatrième année de relation. Elle a pour moi toujours été mon esclave, mais j’ai préféré attendre que sa servitude soit aboutie avant de l’officialiser (et le célébrer). N’ayant pas considéré les cycles de noviciat et de maturité pour N/notre relation, force est néanmoins de constater que Rome ne s’est pas faite en un jour et que, ça y est, désormais je la juge accomplie.

Dès N/nos premiers échanges, elle a confié que mes chances d’être exaucé étaient minces et s’est décrite comme inapte et terrain infertile à la servitude comme je l’entendais. Cette belle esclave ne me connaissait qu’à travers mes mots et non mes actes, Dieu sait à quel point les actes manquent souvent alors je ne lui en ai pas tenu rigueur.

J’avais décelé (malgré tout ce qu’elle me disait) en elle une grande aptitude à me servir. Alors persuadée que toute cette indépendance dont elle avait joui et qu’elle chérissait tant allait être un frein à sa bonne volonté, je me réjouissais. J’étais heureux de cette autonomie et liberté qu’elle avait pu expérimenter : on ne peut donner un contrôle que nous n’avons jamais eu. Si elle n’avait pas pu faire l’expérience de la gestion de ses propres finances, de sa vie dans son petit appartement (un adorable petit cagibi), de ses études supérieures et tutti quanti, le pouvoir qu’elle m’aurait donné s’en serait retrouvé amoindri, voire inexistant. Pour qu’elle porte mon collier, il fallait qu’elle ait été libre et qu’elle l’ait expérimentée, cette liberté.

Je l’ai cueillie maîtresse d’elle-même (du moins autant qu’on peut l’être à 19 ans), la rendant ainsi terriblement disponible pour qu’elle fleurisse asservie à Mes pieds. La première année fut dédiée à ses études supérieures qu’elle avait entamées avant de m’appartenir. Je n’avais aucun contrôle sur ses fréquentations, ses choix d’études, les grands choix de vie et autres coquetteries importantes dans la vie d’un être humain.

Qui voyage loin ménage sa monture

esclave calliopée m’a rejoint dans le Sud durant la deuxième année pour qu’O/on s’installe ensemble. Je faisais avant cela le trajet de 700 kilomètres presque tous les week-ends pour la voir et ce n’est pas ainsi qu’on construit à mon sens une relation Maître/esclave.

Je lui ai laissé le choix de me rejoindre, car au bout d’un an et demi elle l’avait encore. Le 06 juillet 2019, je l’ai renommée à ma convenance, elle s’appellera calliopée et je veillerai à ce que ça devienne son identité civile. Le 07 septembre 2019, elle était à demeure et avait quitté amis et famille, ayant fait également tout un tas de paperasse pour faire un transfert de son ancienne université à une autre. J’ai acquis à ce moment-là le contrôle des fréquentations autant amicales que familiales, j’ai à l’occasion fait le tri de celles qui m’incommodaient afin qu’elle ne soit pas parasitée dans son service à demeure. Le deuil de la vie d’avant a pu commencer au profit de la vie de maintenant, chez Maître.

C’est lorsqu’elle fut Mienne à demeure que je me suis employé à l’éduquer afin qu’elle me serve de la manière la plus achevée, c’est-à-dire celle qui me convient, pas celle qu’on trouve chez les autres, ni celle qui s’apprend dans les livres. Les premiers rituels et protocoles ont alors pris leur place : celui du lever, celui du coucher, du service du repas et du thé, du bain, de l’entretien et un tas d’autres éléments venant nourrir la relation qui ne regardent que N/nous et dont je ne donnerai pas le détail dans cet article-ci.

Le lien qui était déjà constant devait désormais être nourri. Son dressage a pris du temps, principalement car il a fallu en premier lieu concilier faculté et servitude. Lors de la pandémie, les progrès furent plus que notables. Cette progression est principalement ce qui m’a poussé à la défaire de ses contraintes universitaires en cette quatrième année, un article d’esclave calliopée à ce sujet est prévu. Je me suis montré patient sur ce point, mais il était clair qu’à terme elle serait à demeure en permanence.

J’avais également quelques exigences avant de lui ordonner qu’elle prononce ses vœux. D’abord, qu’elle ai connaissance de tout ce qu’implique une vie de servitude à Mes pieds. Ensuite (et c’est la partie la plus longue lorsqu’on ne permet pas la médiocrité), qu’elle occupe pleinement la place pour laquelle désormais elle vit. C’est-à-dire que son dressage soit achevé (attention, je n’ai jamais dit que son dressage avait une fin, juste qu’il a acquis un niveau que je qualifie d’excellence). J’exerçais un pouvoir absolu bien avant les vœux de mon esclave, mais pour moi, ça devait également comprendre une valeur temporelle. Se projeter à la place d’esclave, l’être et l’être et y rester dans le temps sont à mon sens trois choses distinctes. Je l’ai dressée à ma convenance et ce n’est qu’après ce dressage et conditionnement très précis (et finalement impérissable) que je lui ai ordonné d’écrire ses vœux.

L’Après

Qu’est-ce que les vœux ont changé ? La réponse est finalement très simple et ne nécessite pas de faire un nouvel article.

N/nos vœux sont venus célébrer ce qui existait déjà : Moi, Propriétaire de cette belle esclave, et elle, totalement asservie qui renonce pour toujours à se rétracter. Je lui ai ordonné de consentir une ultime fois à une date aléatoire.

Si ses vœux avaient changé beaucoup de choses, ça aurait à mon sens témoigné d’une faille car je n’ai ni attendu ses vœux pour faire ce que je voulais d’elle, ni attendu qu’elle ait son statut de propriété « officialisé » par un matricule d’esclave qui n’a aucune valeur légale.

Comme elle l’a très bien dit dans un précédent article, je préfère être de ceux qui font les choses au lieu de les prédire et de voir si elles se produisent. Cette cérémonie a marqué le début du port de sa parure d’esclave et a enclenché le projet de marquages permanents. Mais une fois encore, il ne s’agit que de la continuité naturelle des choses.

C’est ainsi parce qu’esclave calliopée a éclos et ne fanera jamais. Il est dans sa nature de m’être asservie et dans la mienne de la posséder. J’ai été béni d’un cadeau des Cieux le jeudi 26 avril 2018.

N/nos vœux

À l’orée de l’automne, est venue l’heure de prononcer N/nos vœux. Maître m’a jugée accomplie et j’ai juré de Le servir pour toujours. Après trois ans et demi à me dresser afin de Le servir de la manière la plus achevée, j’ai présenté mes vœux d’une appartenance absolue et sans faille.

Car je n’ai cessé de me construire en Vous,

N/nous devions N/nous rendre au château de Tornac pour pique-niquer. Ce projet a été rapidement avorté au matin même, les inondations ayant rendu le trajet impossible. Alors, j’ai demandé à Maître s’Il souhaitait repousser. La réponse fut sans appel. Non. Il avait décidé que ce serait aujourd’hui, alors se fut aujourd’hui. 19 septembre de l’an 2021.

Maître a rapidement trouvé une solution. Il y a, près de la Cathédrale Saint-Pierre, le Jardin des Plantes. Ça sera là-bas. Lors de mes études, j’ai beaucoup étudié l’iconographie religieuse et j’aimais particulièrement celle du saint Pierre. Ce choix m’a rendue heureuse. Apprêtée d’une robe blanche, j’avais même fait ma coiffure baptisée Coiffure des grandes Occasions. Elle dégage le visage (et la nuque, qui ne serait bientôt plus jamais nue).

Car je n’aspire qu’à Vous rendre heureux,

N/nous N/nous sommes promenés et avons profité du début d’après-midi au Jardin. La cathédrale était fermée, O/on a trouvé ça étrange pour un dimanche. J’ai pensé avec nostalgie à mes cours d’architecture, j’aurais aimé visiter les chapelles latérales.

Maître fut charmé par un balcon et un banc en pierre – en ruines – après un voyage poussé dans le Jardin. Alors, j’ai installé mon petit coussin en velours sur le sol. Mes genoux l’ont suivi et j’ai disposé l’écrin de mon collier d’esclave sur le bord du banc avant de sortir mon carnet où étaient rédigés mes vœux. N/nous pouvions officier.

Il a initié. J’étais heureuse que N/nous ne soyons que tous les deux car N/nous étions pleinement N/nous-mêmes. O/on avait envisagé inviter quelques amis, mais N/nous souhaitions que ce moment n’appartienne qu’à N/nous. S’il y avait eu du monde, N/nous aurions dû faire abstraction d’eux. N/nous n’avions pas besoin de témoins et peu auraient compris le caractère sacré que revêtait l’évènement.

Vous contenter à chaque parole, chaque acte que je pourrais avoir ou faire,

Puis, j’ai prononcé mes vœux à Ses pieds. L’écriture avait été fluide, je n’avais pas écrit aussi naturellement depuis des années. Il faut avouer qu’en trois ans aux pieds de Maître et l’écriture journalière qu’Il m’impose ces derniers mois, j’ai pu acquérir un champ lexical satisfaisant de la servitude. Les mots prononcés résonnent encore et sont indélébiles.

Malgré l’appréhension injustifiée que mes vœux ne Lui conviennent pas, je savais que mes mots étaient justes et mesurés ainsi qu’en adéquation avec ce que N/nous vivons. Car N/notre relation s’exprimait déjà de cette manière, Maître était lucide dès les premières semaines d’échanges : Il me voulait à terme totalement asservie et possédée. Merci Maître d’avoir perçu en moi tout ce que j’avais à Vous offrir et de m’en avoir jugée digne.

N/notre cérémonie n’avait pas vocation à faire office de prophétie ou d’annonce, mais bel et bien de consacrer la réussite de Son ambition et de ce qui était déjà. Force est de constater que Maître est de ceux qui font avant d’acter les choses, pour mon plus grand bonheur. Attendre un effet quelconque de cet instant sur N/notre vie n’aurait fait que naître une préoccupation et aurait même pu aboutir sur un échec. Entre envisager devenir esclave, annoncer être esclave et l’être, il y a parfois tout un monde… Voire plusieurs.

Les jours précédant N/nos vœux furent monastiques. Maître ne me battait plus, ni ne m’entretenait. Néanmoins, N/nos autres rituels et protocoles demeuraient et mon service était centré sur l’aspect domestique. Je devais garder à l’esprit que c’était temporaire et ne surtout pas m’habituer à ne recevoir presque aucune violence.

Pourtant, j’ai quand même nourri l’espoir qu’Il ne me batte plus jamais, ou du moins de manière plus sporadique. Je fais une véritable allégorie de la naïveté, mon abnégation dans ces moments-là Lui importe trop pour qu’Il cesse de le faire.

Quoiqu’il en soit, Maître n’a pas jugé bon de me violenter avant N/nos vœux. Il avait néanmoins précisé que ce jour-là, ça ne ressemblerait en rien à tout ce que j’avais déjà connu. Il avait déjà reçu Son cadeau d’anniversaire (qu’Il a choisi, je n’ai pas le droit d’utiliser l’argent sans l’autorisation de Maître, ni de Lui offrir du matériel). Une canne en nerf de bœuf.

Jamais je n’ai été battue avec une telle violence. Au retour de N/notre après-midi, Il m’a mise sur le rebord de N/notre cheminée. J’ai reçu plusieurs coups qui – en premier lieu – se tenaient. C’est quand Il m’a traînée par les cheveux devant le canapé que j’ai su que les choses allaient s’altérer. Le carrelage était froid et j’étais déjà au bord des larmes. Je me remémorais les paroles qui n’étaient à ce moment-là seulement âgées de quelques heures… Je n’en ai regretté aucune d’elle.

Pour m’employer à Vous honorer à chaque instant de ma vie,

J’ai imploré, mon corps s’opposait à Lui dans une danse jusqu’à que je n’en puisse plus et capitule. Ma souffrance, à ce moment-là, était épouvantable. Mes larmes salées me brûlaient le visage. Les coups furent rudes, mordants, et m’ont marquée beaucoup plus profondément que dans ma chair. Jamais Il ne m’a tenue si fort. Jamais je ne me suis autant sentie au bord de l’évanouissement par Ses coups. Jamais je ne me récitais autant et avais prié si fort pour que ça s’arrête. Et pourtant, jamais je ne me suis sentie autant aimée par n’importe quel autre être humain sur cette Terre et Sienne.

Le contraste entre le début de la journée et le début de la soirée de cette même journée est incontestable. Cet Homme est celui que je sers pour le restant de ma vie, et je prie lorsque je me récite pour que celle-ci soit gracieuse avec N/nous. Maître a marqué un temps de pause lorsqu’Il me battait et je me suis étreinte contre Sa jambe. Il a pris Son appareil et a réussi à capturer en une seule image l’Amour d’une propriété envers son Propriétaire.

Car je Vous appartiens et ne prétends à rien d’autre que de Vous aimer pleinement,

Saint Pierre était l’apôtre chargé de garder les clés du Paradis. Maître est le gardien de ma liberté. Merci saint Pierre, car si ta cathédrale était fermée, le Paradis m’était bel et bien ouvert.

Merci Maître.

Le temps est bon

Ça a eu lieu à côté d’un banc en pierre, un endroit paisible. Il y avait un balcon qui surplombait le jardin. Je chéris encore chacune des secondes passées à consacrer ce lien qui N/nous unit. Moi sur pied, elle sur son coussin en velours violet, N/nous. Les vœux de mon esclave m’ont profondément touché. Je me suis rarement senti aussi ému par des mots les uns derrières les autres.

Je suis heureux et comblé de l’avoir asservie à mes pieds. Je me lève chaque matin depuis ces derniers jours avec un regard sur sa nuque habillée du collier or que j’ai choisi pour elle. esclave calliopée se récite au réveil et c’est à chaque fois comme si je n’avais jamais rien vu d’aussi beau. Aujourd’hui, je l’ai entendue chantonner durant ses corvées.

Je pensais que N/nos vœux ne changeraient rien. C’est une évidence qu’elle était déjà mienne pour l’éternité. Pourtant, acter les choses et les célébrer les ont cristallisées.

Le temps est bon, le ciel est bleu, esclave calliopée a présenté ses vœux.