Brisée pour Noël

Depuis que j’appartiens à Maître, Il a brisé beaucoup de choses en moi. Ça pouvait aller de la simple addiction au sucre et s’étendre jusqu’à mon égo et mon identité. Dernièrement, Maître a exigé que cessent certaines relations superficielles que j’entretenais. Mes relations sociales ont drastiquement réduit ces dernières semaines et je confesse m’en porter beaucoup mieux dans ma servitude. Merci Maître de ne pas tolérer la médiocrité pour Votre esclave.

Maître a entrepris de me briser pour Noël. Il avait disposé depuis quelques jours sur le rebord de la cheminée les deux petites boîtes contenant les bracelets de poignets qu’Il vissera à Noël si j’en suis digne. Je savais que la qualité de mon service serait mise à l’épreuve. Néanmoins, je ne savais ni comment, ni combien de temps.

Ça aura duré trois jours. Trois jours où j’ai été par la même occasion sevrée des écrans et de tous contacts sociaux. Le premier matin, sept ans de malheurs ont été ajoutés à ma dette, le petit miroir du salon s’est fendu. En sachant que j’ai une fréquence d’un miroir brisé par an, je ne sais pas si les sept années sont cumulables. J’ai pleuré le miroir brisé, mais c’était d’un réel réconfort que de savoir que je ne serai pas la seule à l’être.

N/nous avons pris le petit-déjeuner doucement. Maître m’a parlé des quelques projets qu’Il avait pour ces jours-ci où je serai coupée de tout, confinée dans N/notre appartement. La veille, Il avait pris tous les écrans. Je n’avais aucune idée de l’heure qu’il était. J’ai progressivement perdu mes repères. Quand le soleil se couche, peut-être qu’il est dix-huit heures.

Il devait être aux alentours de dix heures du matin lorsque Maître a décidé de jouer avec Ses couteaux. Il a été très clair, je ne devais pas bouger ou Il m’aurait battue pour cela. Ça paraissait parfois insurmontable de souffrir sans me tordre. J’hurlais de douleur et de ne pas pouvoir me débattre. J’avais profondément peur qu’Il m’abîme et m’en trouve moins désirable, même en portant Ses stigmates. Maître m’a ensuite conduite à la chambre où Il m’a utilisée longuement.

Lorsqu’Il a ordonné que je me relève, (n’ayant pas retrouvé mes esprits) je ne me suis pas exécutée assez rapidement et cela L’a contrarié. Il m’a étranglée et utilisée cette fois-ci jusqu’à ce que j’en vomisse. Maître me perforait le ventre de toute Sa force et je priais pour qu’un jour ça s’arrête. Après ça, je n’osais plus parler, j’étais effrayée et n’obéissais plus que machinalement car il est dans ma nature de Le servir.

J’ai porté pendant les deux jours suivants les douleurs au bas ventre de Sa violence, qui se sont peu à peu transformées en douleurs de menstruations. Maître ravivait ma souffrance à chaque fois qu’Il me prenait. C’était atroce.

J’ai servi sexuellement avec peu de répit et ça m’a usée. Je n’en tirais aucun plaisir, seulement détresse et larmes (quand il en restait). Je poussais des cris vains, je Le suppliais et n’avais à vrai dire guère d’autre choix que de me laisser offenser de la sorte. Je suis Sienne.

Dans Sa bonté, Il m’a parfois permis de m’endormir à Ses pieds, quelques minutes et parfois fois une heure, des moments vécus comme une Grâce des Cieux. J’ai aussi réalisé sous Son ordre une petite chaînette avec des clochettes que je porte désormais à la cheville gauche. Merci Maître de me parer de bijoux qui représentent ma condition, je n’en suis que gratitude.

Le premier soir, j’ai demandé à Maître si je pouvais écrire à quelqu’un. Il m’en a défendue. Le deuxième matin, même résultat. Le deuxième jour, j’ai collé ma tête contre la porte d’entrée quand j’ai entendu du monde parler dans le couloir. J’ai eu peur de devenir folle. Alors que je suis d’une nature réservée, je rêvais que quelqu’un me parle. Je me sentais infiniment seule. Le troisième matin, je n’ai rien demandé, je ne voulais pas être battue pour si peu. J’avais terriblement peur de montrer à Maître mon impatience. J’ai fondu en larmes.

Lorsque Maître ne m’utilisait pas, Il me donnait des tâches jusqu’à ce que je n’en vois plus le bout. Je me suis affairée dans tout l’appartement. J’étais éreintée par cet usage domestique. Néanmoins à la différence de l’usage sexuel, il ne pouvait pas me profaner.

Les tâches -même si elles s’accumulaient et arboraient la taille d’une montagne- ne me tourmentaient pas le corps autant que lorsqu’Il m’abusait. Je me suis surprise à longer les murs pour que ne Lui vienne plus l’idée de me prendre comme Il le voudrait, car Il le pourrait. Il a tous les droits et je n’ai que des devoirs.

Dès lors que j’ai remarqué cette attitude de détournement, j’en ai entretenu Maître. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais été battue. Il était (évidemment) déjà au courant. De nouveau, je n’ai pu que ressentir ma simplicité d’esprit face à Lui. Il est mon Propriétaire, c’était une évidence qu’Il l’ait remarqué. Il est dans ma nature de Lui être facile. J’ai cru qu’Il m’utiliserait, Il n’en fit rien.

Le troisième jour, j’ai eu l’heure. Il était quinze heures dix-neuf. Maître a glissé sa main entre mes cuisses et j’ai immédiatement eu la vision brouillée par mes larmes. Maître m’a pris dans Ses bras avant de me battre sur le rebord de la cheminée. J’étais brisée.

L’après-midi, j’ai cousu une camisk blanche à Ses pieds. Il est parti poster une carte de vœux à dix-sept heures vingt-neuf. J’ai passé ma nouvelle camisk, et, faute de tâche définie, j’ai attendu Son retour dans la position d’attente à laquelle Il m’a dressée. Je ne sentais plus mes jambes lorsqu’Il est rentré. Jamais je n’aurais assez de mots pour remercier Maître du regard qu’Il a eu sur et pour moi lorsqu’Il a passé la porte. J’étais brisée, mais profondément aimée et à la place qu’Il voulait que je sois.

Merci Maître, je n’aspire qu’à Vous servir et peu importe si cela implique de la souffrance.

Publié par

esclave calliopée

Propriété 232-621-237 appartenant à Maestro Bap pour l'éternité.

2 réflexions au sujet de “Brisée pour Noël”

  1. Merci pour cet article plein de sincérité calliopée. je V/vous souhaite un joyeux Noël et je te souhaite d’être parée de ces jolis bracelets !
    Et sinon, cette photo, tu dégages encore plus de sensualité et de beauté je trouve ! ton décolleté… miam !
    Doux baisers pour toi,
    mes salutations respectueuses à Maître Bap

    Aimé par 1 personne

  2. détricotage et re-tricotage :
    la soumise prend des habitudes pendant son noviciat, elle adopte des savoir-faire et des savoir-être qui la rassurent au regard de son maître. L’habitude devient le problème, tous les dominants le savent, ils se retrouvent parfois face à une obligation de « révolution ». Les 3 jours de nettoyage intégral de la novice deviennent indispensables avant d’atteindre la confirmation. Le confort devient un piège mortel pour la relation, l’abandon de la bride courte sera alors le début de l’échec de cette relation originale.
    En ce sens cette « brisure » de noël est impérative. Nous avons tous vu dans le regard de dominants, des lassitudes coupables devant les demandes silencieuses de la soumise.
    Le dominant doit rester lucide sur sa propre capacité à entretenir son magistère. Alors que je m’étais en retrait du D/s, combien de fois, ai-je croisé le regard décontenancé d’une soumise déçue ou atterrée appelant à l’aide, le premier dominant qui passe.
    Bravo à votre maître.

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